
Apprendre de ses erreurs demande davantage que de constater qu’une situation s’est mal passée. Il faut comprendre ce qui a contribué au résultat, identifier ce qui manque et essayer une autre manière d’agir.
Dans cette Brève du Manager, je propose une démarche en trois étapes : la prise de conscience, l’apprentissage et la compréhension, puis l’intégration dans la pratique. Ce chemin aide à transformer un retour d’expérience en progression concrète.
La vidéo : les trois étapes pour s’améliorer
1. Prendre conscience de ce qui s’est passé
La première étape consiste à regarder la situation avec suffisamment de recul. Lorsque le résultat nous déçoit, il est tentant de nous arrêter à une explication rapide : les autres n’ont pas compris, les circonstances étaient mauvaises ou nous ne sommes simplement pas capables.
Pour avancer, revenez aux faits. Quel résultat attendiez-vous ? Qu’avez-vous observé ? À quel moment l’écart est-il apparu ? Une description précise donne une base de réflexion plus utile qu’un jugement sur vous-même ou sur votre équipe.
Prenons un exemple de management : une consigne n’a pas été suivie comme vous l’imaginiez. Avant de conclure à un manque d’implication, vérifiez ce qui avait été expliqué, ce que les personnes avaient compris et les moyens dont elles disposaient.
Trois questions pour explorer la situation
- Quels facteurs ont contribué au problème ou à l’erreur ?
- Qu’ai-je pu faire, dire ou supposer qui a joué un rôle ?
- Que dois-je apprendre, comprendre ou faire évoluer pour améliorer la suite ?
Ces questions invitent à examiner votre part d’action. Elles n’impliquent pas que vous soyez à l’origine de tout ce qui arrive. Les moyens disponibles, les procédures, la charge et les décisions prises ailleurs peuvent également compter.
Distinguer la cause d’un problème et les possibilités d’action
Dans la vidéo, je distingue les erreurs auxquelles nous contribuons des difficultés qui nous arrivent sans que nous les ayons choisies. Cette distinction aide à éviter de confondre responsabilité et culpabilité.
Vous pouvez chercher ce qui relève de vous, ce qui demande un soutien et ce qui doit être traité à un autre niveau. L’objectif est de retrouver des possibilités d’action réalistes, sans porter seul une situation qui dépend de plusieurs personnes ou de l’organisation.
En équipe, cette approche permet aussi de dépasser la recherche d’un coupable pour examiner le fonctionnement. Comprendre les facteurs d’une erreur peut révéler un besoin de formation, mais aussi une consigne contradictoire ou un dispositif à améliorer.
2. Apprendre et comprendre ce qui vous manque
Une fois la difficulté mieux identifiée, la deuxième étape consiste à chercher des ressources adaptées. Il peut s’agir d’une méthode, d’une explication, d’un conseil ou d’une observation du travail d’une personne plus expérimentée.
Précisez votre question avant d’accumuler des contenus. « Je dois mieux communiquer » reste large. « Je veux vérifier que les priorités sont comprises après notre réunion » permet de choisir une pratique à essayer.
Dans cet exemple, vous pourriez apprendre à formuler une attente observable, à expliciter une échéance et à demander une reformulation. Vous disposez alors de gestes concrets dont vous pourrez examiner l’utilité.
Pour retenir et réutiliser ce que vous découvrez, retrouvez également l’entretien avec Jérôme Hoarau sur la manière d’apprendre à apprendre au travail.
3. Intégrer l’apprentissage dans vos habitudes
Connaître une méthode ne signifie pas encore savoir l’utiliser au bon moment. La troisième étape consiste à la mettre en pratique, puis à ajuster votre façon de faire à partir de l’expérience.
Choisissez une situation proche et une action limitée. Par exemple : lors de votre prochaine délégation, préciser le résultat attendu, les marges de décision et le moment du prochain point. Vous pourrez ensuite demander à votre collaborateur si ces repères l’ont aidé.
Préparez aussi les conditions de cette pratique. Un rappel dans votre trame d’entretien ou quelques minutes réservées à la préparation peuvent vous aider à ne pas revenir automatiquement à votre fonctionnement habituel.
Il n’est pas nécessaire d’attendre que la situation devienne insupportable pour commencer. Un essai modeste, décidé à l’avance, permet déjà de recueillir des informations sur ce qui fonctionne.
Un exemple complet : une délégation qui n’aboutit pas
Imaginons qu’un dossier revienne incomplet. Lors de la prise de conscience, vous constatez que le mot « finalisé » n’avait pas le même sens pour vous et pour votre collaborateur. Vous aviez aussi laissé une incertitude sur les validations nécessaires.
Au stade de l’apprentissage, vous recherchez comment mieux définir le livrable et les responsabilités. Vous préparez quelques questions pour vérifier la compréhension commune.
Lors de l’intégration, vous appliquez cette méthode à la mission suivante. Vous observez le résultat et sollicitez un feedback constructif. Si une autre difficulté apparaît, vous reprenez l’analyse avec ces nouveaux éléments.
Faire de l’erreur un point de départ utile
Apprendre de ses erreurs est un processus actif. La prise de conscience vous aide à formuler le problème, l’apprentissage vous apporte des ressources et la pratique permet d’en éprouver la valeur.
Pour commencer, choisissez une difficulté récente. Notez un fait que vous comprenez mieux, une chose à apprendre et une action à tester. Fixez ensuite un moment pour regarder ce qui a changé.
Pour approfondir votre pratique, téléchargez un extrait offert de mon livre « Bon Manager : Mode d’emploi ». Vous pouvez aussi accéder au module 1 offert de la formation « Bon Manager : Mode d’Emploi ».
Retrouvez mes vidéos sur YouTube et mes publications sur LinkedIn.




