
Apprendre à apprendre au travail, c’est se donner les moyens de conserver et d’utiliser ce que l’on découvre. Une formation, une lecture ou une conversation peuvent apporter beaucoup. Encore faut-il pouvoir mobiliser ces acquis quelques semaines plus tard.
Dans cette Brève du Manager, je retrouve Jérôme Hoarau, mon co-auteur de « Bon Manager : Mode d’emploi ». Nous échangeons sur l’attention, la mémoire et les habitudes qui permettent de progresser. Derrière la question provocatrice « Comment devenir le plus intelligent de la boîte ? », notre discussion porte surtout sur une ambition concrète : mieux apprendre pour mieux contribuer.
Mon entretien avec Jérôme Hoarau
Développer ses compétences pour apporter une contribution utile
Jérôme commence par relier l’apprentissage à la vie professionnelle. En développant nos connaissances et nos savoir-faire, nous disposons de davantage de ressources pour comprendre une situation, résoudre un problème ou prendre en charge une mission.
Il souligne aussi un effet possible sur la confiance : on se sent plus capable lorsque l’on sait sur quelles compétences s’appuyer. Les collègues peuvent, eux aussi, reconnaître progressivement la fiabilité de nos contributions.
Mais devenir la personne que tout le monde sollicite comporte une difficulté : la charge peut augmenter. Pour un manager, partager ses connaissances et aider les autres à progresser reste donc essentiel. L’expertise est particulièrement utile lorsqu’elle fait grandir l’autonomie de l’équipe.
Montrer son intelligence en étant pertinent
Une question traverse notre échange : comment rendre ses compétences visibles sans assommer son entourage ? Pour Jérôme, le point de départ consiste à apporter une information utile au bon moment.
Dans une réunion, cela peut être une question qui clarifie le problème, un exemple qui rend une idée compréhensible ou un rappel qui évite de refaire une erreur. L’accumulation de références impressionne parfois ; la pertinence aide réellement le collectif à avancer.
Cette posture suppose aussi de conserver sa curiosité. Si l’on considère que l’on sait déjà tout, on cesse d’écouter ce que les autres peuvent apporter. Pour approfondir ce point, retrouvez mes quatre leviers pour parler et être écouté.
Quatre axes pour apprendre à apprendre au travail
1. Accorder une vraie place à l’attention
Jérôme place l’attention et la concentration au début de sa démarche. Avant de chercher à retenir une information, il faut lui accorder un moment de disponibilité.
Dans votre quotidien, choisissez un créneau où vous pouvez lire, écouter ou vous exercer sans multiplier les activités simultanées. Une courte séance avec un objectif précis constitue un point de départ plus facile à organiser qu’une résolution vague de « se former davantage ».
2. Tester sa stratégie d’apprentissage
L’entretien invite ensuite à observer sa façon d’apprendre. Comprenez-vous réellement ce que vous lisez ? Pouvez-vous l’expliquer ? Avez-vous essayé de l’utiliser ? Ces questions permettent d’aller au-delà de l’impression de familiarité avec un contenu.
Jérôme évoque notamment les limites du travail concentré à la veille d’un examen. Pour conserver des connaissances dans la durée, il propose de répartir les occasions d’y revenir. Vous pouvez varier les supports et les exercices selon le sujet, puis regarder ce que vous êtes effectivement capable de restituer.
3. Travailler la mémorisation
La mémoire occupe une place centrale dans la discussion. Jérôme présente l’association d’idées, l’imagination et le jeu comme des pistes à explorer pour rendre certains apprentissages plus engageants.
Au travail, commencez par une information que vous souhaitez vraiment garder : les étapes d’une méthode, les points clés d’une formation ou un enseignement tiré d’un projet. Cherchez ensuite à la rappeler et à la relier à une situation concrète.
4. Ajuster sa méthode grâce au retour d’expérience
La quatrième piste consiste à améliorer son propre processus. Une habitude peut avoir été utile dans un contexte et devenir moins adaptée lorsque les sujets ou les contraintes changent.
Demandez-vous régulièrement ce qui fonctionne, ce qui reste difficile et ce que vous pouvez essayer autrement. Un feedback constructif peut vous aider à repérer les écarts entre ce que vous pensez maîtriser et ce que vous réussissez à mettre en pratique.
La révision espacée : l’exercice proposé par Jérôme
Lorsque je lui demande une méthode à expérimenter, Jérôme choisit la révision espacée. Son conseil : revenir à plusieurs reprises sur ce que l’on vient d’apprendre, en répartissant ces rappels dans le temps.
Il prend l’exemple d’une vidéo de La Brève du Manager et propose une routine simple :
- À la fin de la vidéo, prenez un instant pour retrouver de mémoire les idées principales.
- En fin de journée, demandez-vous à nouveau ce que vous avez retenu.
- À la fin de la semaine, faites le point sur les apprentissages que vous souhaitez conserver.
- Revenez ensuite sur ces éléments, par exemple à la fin du mois.
Ce calendrier est un exemple proposé dans l’entretien. Vous pouvez l’adapter au contenu et à vos besoins. Après votre rappel, consultez vos notes ou la source pour vérifier ce qui manque et corriger les éventuelles erreurs.
Pour commencer dès aujourd’hui, choisissez une seule idée de cet article. Fermez la page, reformulez-la avec vos mots, puis identifiez une occasion de l’utiliser. Vous aurez ainsi un premier apprentissage précis à retrouver lors de votre prochain rappel.
Continuer à apprendre dans sa pratique de manager
Jérôme présente également « Game of Pros : Apprendre à apprendre », son ouvrage coécrit avec Caroline Deblander et publié chez Dunod. Notre échange invite surtout à faire de l’apprentissage une pratique régulière, nourrie par la curiosité et l’expérience.
Pour poursuivre votre développement, téléchargez un extrait offert de notre livre « Bon Manager : Mode d’emploi ». Vous pouvez aussi accéder au module 1 offert de la formation « Bon Manager : Mode d’Emploi ».
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